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Nathalie et le vol mystérieux

  Dessin de Laure JOHANEM
Lundi 20 août 2007
Nathalie et Kiru parcouraient les couloirs du palais, éclairés avec de petites lampes à huile. Nathalie demanda à son ami :
– Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
– Il faut retrouver le prêtre qui s’est aperçu de la disparition du sceptre.
– Ensuite ?
– Ensuite, nous l’interrogerons. Il faut apprendre toutes les informations qui pourront nous être utiles.
– Tu sais où nous pourrions le trouver ?
– Nous pourrions aller dans la salle où les sceptres et les vêtements de cérémonie du pharaon sont rangés.
– Tu sais comment on s’y rend ? Ce palais est immense.
Kiru lui dit en rigolant :
– Ne t’inquiète pas ! Mon père te l’a dit, je connais le palais comme ma poche.
Les enfants empruntèrent un couloir étroit.
– Tu vois ce soldat, il garde la salle qui nous intéresse.
Ils s’approchèrent de lui. Kiru s’adressa à l’homme d’un ton affable :
– Bonjour Néophis !
– Bonjour Kiru ! Répondit Néophis surpris de le voir. Qu’est-ce que tu fais au palais ? Tu devrais être à l’école.
– Mon père m’a permis de l’accompagner, afin de montrer le palais à mon amie.
– Tu es seulement venu pour cela ? Demanda Néophis qui avait des doutes sur le but de la visite du garçon.
Comme Kiru savait que Néophis n’allait pas les laisser entrer dans la pièce, il tenta une ruse :
– Au fait, je voulais te demander si tu pouvais nous laisser entrer dans cette salle. Nathalie, ici présente, voudrait admirer les objets qui s’y trouvent.
D’une voix autoritaire, Néophis répondit :
– Kiru, je ne peux pas te laisser rentrer. Tu en auras l’autorisation que si tu es accompagné de ton père ou du vizir. Cela ne sert à rien d’insister, je ne cèderai pas. Il vaut mieux que tu t’éloignes d’ici.
Kiru et Nathalie étaient prêts à partir, mais Kiru voulut encore poser une question à Néophis :
– Je voulais te demander quel prêtre s’est rendu compte du vol ?
 Néophis comprit alors la véritable raison de la venue du garçon.
– Maintenant, je comprends pourquoi tu es ici. La visite du palais n’est qu’une excuse pour chercher le voleur du sceptre. C’est bien cela ?
– Oui, en effet. Je suis venu pour aider mon père. Je t’en prie aide-nous ! Supplia Kiru. Tu peux nous être utile.
– Je suis d’accord, mais je ne peux pas te renseigner, car je n’étais pas à ce poste hier. Selon une rumeur, ce serait le prêtre aveugle… Comment il s’appelle déjà ? Il se mit à réfléchir.
– Gueseh ! Cria soudain Kiru.
– Oui, c’est cela. Il se serait rendu compte du vol lors d’une inspection qu’il a effectué avec son assistant. Si tu le cherches, je ne sais pas où il se trouve. Je ne sais même pas s’il est au palais.
 
Kiru et Nathalie réfléchirent dans le couloir. Nathalie, adossée au mur, regardait ses pieds :
– Nous en sommes toujours au même point. Que faisons nous ?
Kiru cherchait une solution :
– Notre enquête n’a pas beaucoup avancé, à moins que Gueseh puisse  nous aider. Malheureusement, j’ignore où il est. On pourrait se rendre dans la grande cour, il y a tout le temps du monde. Une personne pourra bien nous apprendre où il se trouve.
Dans la cour peu fréquentée à cette heure, ils virent un esclave qui balayait. Nathalie qui voulait participer activement à l’enquête, demanda à Kiru  d’un ton suppliant :
– Est-ce que je peux l’interroger ?
– Oui, si tu veux, répondit-il.
Elle demanda à l’esclave avec politesse comme sa mère lui avait appris :
– Bonjour monsieur, je voudrais savoir où je pourrais trouver le prêtre Gueseh.
– Gueseh, il est dans le jardin du palais. Mais, continua l’esclave, presque offusqué, c’est la première fois qu’on ne m’appelle pas « esclave ». Ca veut dire quoi monsieur ? »
– C’est une façon de dire « esclave » répondit Kiru pour abréger la conversation. Nathalie rigola car Kiru ne savait pas non plus ce que ça signifiait
Nathalie n’eut pas le temps de demander plus de précisions, l’esclave s’éloigna. Kiru lui prit la main et courut la tirant par le bras.
– Je sais où est situé ce jardin. Viens !
 
Kiru conduisit sans difficulté Nathalie au jardin. Mais, il était immense.
– Comment crois-tu que nous allons le trouver ? Demanda Nathalie qui se sentait soudain perdue devant ce parc.
– Je sais où on peut le trouver. Quand il va dans le jardin, il se rend au bassin, pour nourrir les poissons.
 Kiru et Nathalie prirent une allée menant au plan d’eau. En effet, le prêtre y était. Il jetait du pain aux poissons rouges. Gueseh, aveugle depuis la naissance, avait les autres sens toujours en éveil ; il sentit Kiru s’approcher :
– Bonjour Kiru ! Comment vas-tu ?
– Je vais bien.
Pendant ces échanges de banalités, Nathalie regardait avec attention les vêtements du prêtre. Elle était très différente de celle du père de Kiru. Il avait la tête rasée et portait une sorte de longue tunique en lin grossièrement tissé. Tous les trois s’assirent sur un banc en pierre. Gueseh questionna Kiru :
– Que viens-tu faire ici ? J’espère que tu ne prépares pas une bêtise. Un silence se fit. « A moins que tu aies quelque chose à me demander, je me trompe ? »
– A vrai dire, je suis au courant de ce qui s’est passé hier après-midi. Je suis en train d’enquêter pour trouver le voleur du sceptre.
Gueseh essayait de prendre un air innocent.
– Je ne vois pas de quoi tu parles ?
– Ce n’est pas la peine de mentir. J’ai entendu de la bouche de mon père que le sceptre a été volé. Je sais aussi que c’est vous qui avez découvert le vol.
– Pourquoi veux-tu t’occuper de cela ? Ce n’est pas une affaire pour des enfants, voyons.
– Ecoutez Gueseh, je sais que mon père est en danger de mort. Je voudrais l’aider.
Après une minute de réflexion, Gueseh acquiesça, plein de compassion pour ce petit homme empreint de bonne volonté et de courage :
– Je comprends, ton père est un homme respectable. Je ne voudrais pas qu’il périsse pour une faute qu’il n’a pas commise. Que veux-tu savoir exactement ?
Kiru énuméra les informations dont il avait besoin :
– Je voudrais savoir à quel moment vous vous êtes rendu compte que le sceptre avait disparu ? Et si vous avez vu auparavant quelque chose d’anormal ?
– Je ne peux pas te dire l’heure exacte. Mais, avant d’entrer, je discutais avec le garde qui m’avait aidé à me relever, car je suis tombé. Rien ne me semblait anormal. Un détail lui revint en mémoire. Mais, en y repensant, au moment de la chute, j’ai entendu des pas. Ce sont peut être ceux du voleur. Mais, cela me paraît invraisemblable.
– Pourquoi ? Vous les avez reconnus ? Demanda Kiru intéressé par ce que le prêtre venait de lui apprendre.
– Je suis presque persuadé que les pas correspondent à ceux du vizir.
– Vous en êtes sûr ?
– Oui, j’en suis sûr. Cela fait des années que je connais le vizir, nous sommes bons amis, et nous nous rendons visite fréquemment, dit Gueseh d’un ton convaincu.
– Est-ce que le garde pourrait nous donner plus de précisions ?
– Le garde qui m’a aidé, n’était pas Néophis qui avait pris une pause à ce moment là. Je ne sais pas si ce garde a pu voir qui c’est. Mais, vous pouvez toujours l’interroger. Il pourra peut être vous renseigner.

Par Delphine Joly - Publié dans : Nathalie et le vol mystérieux
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