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Dimanche 16 septembre 2007


Les enfants retournèrent à la salle des sceptres. Néophis se mit en colère en les voyant.
– Que faites-vous là les enfants ? Demanda Néophis. Je t’ai déjà dit Kiru, que tu ne peux pas rester ici.
Kiru tenta de calmer le garde.
– Néophis, nous ne voulons pas entrer. Nous voulons seulement vous poser des questions. Gueseh nous a dit que vous avez été remplacé juste avant le vol
– Oui, en effet. Le vizir m’a ordonné de prendre une pause. J’ai été remplacé par un garde qui surveille habituellement l’entrée du palais.
Nathalie, silencieuse jusque là, demanda au garde :
– Cela vous a-t-il semblé étrange qu’il vous demande cela ?
– Oui, un peu. C’est la première fois qu’il me demande une telle chose. Mais, je ne m’en suis pas formalisé. Le vizir a le droit de donner un tel ordre.
– D’accord !
Mais, Kiru ne put s’empêcher de poser une dernière question, je voudrais savoir comment le changement s’est effectué.
– A ce moment là, il y avait peu de soldats dans le palais, car le pharaon était parti. La plupart l’avaient accompagné. Pour trouver un remplaçant, je me suis rendu dans la salle de repos où le garde de l’entrée se reposait. Il accepta sans problème de me remplacer, si je lui rendais ce même service.
– Combien de temps se passa entre le moment où vous êtes parti et celui où votre remplaçant a pris son poste ?
– Environ dix minutes.
– Qui gardait la salle en attendant ?
– Le vizir. Il m’a assuré qu’il resterait là jusqu’au moment où on me remplacerait.
Néophis entendit soudain des voix qui raisonnèrent dans le couloir. Ils restèrent figés quelques secondes. Le garde dit d’une voix suppliante :
– Les enfants, ne restez pas là. Il s’adressa à Kiru. J’ai répondu à toutes tes questions, je ne sais même pas où tu veux en venir. Je ne veux même pas le savoir.
– Je vous remercie d’avoir répondu à toutes mes questions. Ne vous inquiétez pas, nous partons.

Kiru et Nathalie prirent un autre couloir qui n’en finissait pas. D’ailleurs, Nathalie se demandait où il menait. Finalement, ils retrouvèrent à nouveau dans les jardins. Kiru voulait être au calme afin qu’ils réfléchissent à l’affaire. Les enfants tinrent donc une conférence dans un bosquet de tamaris.
– Nous avons appris beaucoup de choses. Mais, cela ne nous dit pas qui est le voleur, énonça Kiru, déçu de cette matinée infructueuse.
– Nous devrions aller interroger le garde qui a aidé Gueseh.
– Tu as raison. J’aurais dû y penser plus tôt. Viens! Nous y allons tout de suite !
Ils se rendirent en courant à l’entrée du palais pour voir le garde remplaçant.
Dans la rue menant au palais, la ville était en effervescence : des chariots et des chars circulaient régulièrement, des personnes pauvres et riches entraient et sortaient du palais. Comme Nathalie était trop impressionnée par le garde, Kiru prit donc l’initiative de l’interroger.
– Bonjour ! Nous avons appris par Néophis qu’hier, vous avez changé de poste avec lui à la demande du vizir.
Le garde se mit en colère :
– Qu’est-ce que cela peut vous faire ? Je n’ai pas à répondre à tes questions, j’ai déjà répondu à celles que m’a posées le vizir.
Kiru tenta d’expliquer au garde la raison de ses questions :
– Excusez-nous si on vous pose toutes ces questions. Je suis au courant du vol. Je suis le fils d’Aménos. Il ajouta d’un ton rouchant. Il risque la peine de mort si on ne retrouve pas le voleur. Je voudrais seulement l’aider.
Le garde qui avait au fond un cœur d’or, se laissa attendrir.
– Que voulez-vous savoir ?
– Je voudrais seulement savoir si vous avez vu quelqu’un lors de la chute du prêtre ? Demanda Kiru.
– Non, je n’ai vu personne. Je crois que j’étais trop occupé par le prêtre. J’ai eu peur qu’il lui soit arrivé quelque chose.
Kiru et Nathalie, déçus de la réponse, laissèrent le garde à son poste. Ils traînaient dans la grande cour du palais, pendant que Nathalie énumérait les différentes informations qu’ils avaient recueillies :
– Le prêtre et le garde n’ont rien vu. Tout ce que l’on sait, c’est que le garde Néophis a reçu l’ordre de faire une pause. En attendant qu’il soit relayé, le vizir a gardé la salle. Nathalie émit une hypothèse. Et si le voleur était le vizir ? Il aurait profité de l’absence du garde pour entrer et voler le sceptre. D’un autre côté, les bruits de pas que le prêtre a entendus, ne sont peut être pas ceux du vizir.
Une lueur d’intelligence brillait dans les yeux de Nathalie ; elle était heureuse d’être proche de la solution de l’énigme. Au contraire, Kiru gardait son sérieux ; il restait de nombreuses interrogations. D’ailleurs, il avait dû mal à croire à la culpabilité du vizir. Il donna son avis à Nathalie :
– Mais, pour quelle raison, aurait-il fait cela ? Ce n’est pas son intérêt. Il est la personne la plus importante après le pharaon. Comme le pharaon n’a pas d’héritier, il a de forte chance d’accéder trône après la mort de celui–ci. Mais, si le sceptre n’est pas retrouvé, il sera le premier condamné.
– Il faut reconnaître que tout l’accuse.
– Oui, tu as peut être raison. Mais Kiru ne croyait pas ce qu’il disait.
Nathalie continua :
– S’il avait effectivement volé le sceptre, où le cacherait-il ?
Kiru réfléchit à cette hypothèse durant quelques secondes :
– Il pourrait le cacher dans son appartement. Personne n’oserait fouiller là, à moins que le pharaon l’ordonne.
Nathalie eut une idée :
– Si on inspectait son appartement, on le trouverait peut être. Ainsi ton père serait innocenté.
Kiru de nature aventureuse, trouvait cette fois ci Nathalie trop téméraire ; il chercha à tempérer son enthousiasme :
– Si on fait cela, on prend de gros risques. Tu te rends compte que si quelqu’un s’aperçoit qu’on s’est introduit chez le vizir sans son autorisation, on peut être condamné pour trahison.
– Je crois que tu t’inquiètes trop. Si on le fait pendant qu’il est absent, personne ne s’en rendra compte.
Kiru hésitait face au danger, Nathalie insista :
– Pense à ton père, au danger qu’il encoure. On recevra peut être une récompense.
Kiru pesa le pour et le contre. Il se rappela alors le visage inquiet de son père, il se décida :
– Je suis d’accord. Mais, il faut prendre toutes les précautions : il faut s’assurer qu’il n’est pas dans son appartement pendant plusieurs heures.
Nathalie demanda alors :
– Comment va-t-on savoir qu’il n’est pas dans le palais ?
– Je pourrais demander à mon père ; il au courant de tous ses allés et venus.

par Delphine Joly publié dans : Nathalie et le vol mystérieux
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